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Périodique de la FICQ
Vol. 3, No 1 - Janvier 2008

manchettes

Service de référence des Coachs

l’Utilisation de la visualisation comme outil de coaching
par Louise Vincent

Dans notre ère où tous les « secrets » sont à la mode, la dernière chose que je désirais faire en vous présentant ce texte était de vous donner des trucs ! Je tenterai donc de vous donner des outils concrets, des exemples réels et d’inciter en vous la recherche de la profondeur et de l’excellence.

Il existe trois courants dans la visualisation. Le courant psychothérapeutique est le premier. Notre inconscient entrepose de l’information difficilement accessible, et la visualisation est un des moyens de retrouver cette information. De nombreux chercheurs et psychologues ont établi depuis longtemps une relation entre le système physiologique et l’activité imaginaire et les athlètes de haut niveau utilisent cet outil depuis longtemps : nous imaginons avec chaque partie de notre corps et pas seulement avec notre cerveau. Notre corps est influencé par les situations émotionnelles qui se présentent et il emmagasine les résultantes tout au long de sa vie, mais surtout durant certaines situations de l’enfance.

Le courant du « nouvel âge » est le second : aucun travail d’introspection n’est visé. Les exercices de visualisation ne sont structurés pour apporter ni exploration émotionnelle ou spirituelle et n’offrent aucune chance d’activer nos systèmes d’auto-guérison. C’est en fait une manière agréable de fuir.

Le dernier courant est celui du courant médical : le D r Carl Simonton, oncologue américain, est celui qui a popularisé l'usage de la visualisation à des fins thérapeutiques dès le début des années 1970. Intrigué par le fait que certains patients guérissent et d'autres pas, malgré un diagnostic et un prognostic identique, il explore le rôle des émotions et du psychisme dans le processus de guérison. Cette forme de visualisation peut être apparentée à des aspirines que l’on prend pour faire cesser un mal de tête ou à des crèmes solaires qu’on applique en imagination pour ne pas brûler lors de traitements de radiothérapie. Cette forme de visualisation invite aussi grandement à faire un contact entre le corps et les émotions. On cherche alors à augmenter le ressenti dans le corps.

La forme de visualisation qu’un coach peut utiliser est une forme parallèle, que j’appellerai visualisation visant l’ouverture de la créativité, puisque le client consulte le coach pour entrer en action afin d’atteindre ses objectifs. La visualisation sert alors :

  • À faire appel à sa sagesse intérieure, à son coach intérieur, afin d’amener à la conscience des options disponibles auxquelles on n’avait pas pensé, faute de créer suffisamment de silence en soi pour écouter les réponses.
  • À ressentir dans son corps l’impact de deux options, dans le cas où je ne sait pas laquelle me convient le mieux.
  • À visualiser l’impact d’une décision sur mes clients ou associés, par exemple, en imaginant que j’annonce la décision ou les changements que j’entrevois faire et en « recevant » leur réaction et leur réponse. Je peux donc découvrir des aspects différents et ajuster mon plan avant de le présenter réellement.
  • À tester des changements que j’ai envie de faire dans mon environnement. Par exemple, avant de transformer tout son bureau, le client peut l’imaginer et déplacer virtuellement les meubles et même ressentir l’impact de l’ergonomie sur son corps, incluant la luminosité et les couleurs.

En coaching, le défi sera plutôt d’induire rapidement la personne dans le calme et dans un espace appropriés permettant aux réponses prêtes à arriver de se manifester. Cela ne sera pas possible d’aller chercher en profondeur un autre niveau de réponses pour l’instant non disponibles à la conscience, cependant. Ceci est plutôt de l’ordre de la démarche psychothérapeutique où l’on cherche à dénouer des aspects souffrants de la personne plutôt que la créativité.

Un bénéfice secondaire de l’utilisation fréquente de la visualisation sera que la personne découvrira par quelle mode elle communique : Auditif ? Visuel ? Kinesthésique ? (A-V-K). En effet, tout comme dans la communication éveillée, la visualisation agira sur les personnes par un mode préférentiel et un autre secondaire. Cela permet donc à votre client de voir à quoi il est sensible, soit le 3 ème mode rarement utilisé en visualisation.

Pour illustrer ceci : en visualisation, une personne peut « voir » facilement les images et « ressentir » ce qui est bon pour elle dans son corps. Dans la vie éveillée, cette personne sera donc particulièrement sensible à tout ce qui est « auditif » (donc le 3 ème mode de communication) et réalisera grâce à l’aide de son coach que c’est ce qu’elle entend qui déclenche des réactions négatives en elle, de la fatigue et même du stress (comme des phrases négatives, des sons trop forts). Vous pourrez donc l’aider à s’ajuster grâce à votre coaching. Ainsi, le superviseur qui « disjoncte » en entendant certaines phrases d’un employé agressif saura que c’est son point faible de communication et qu’il a avantage à découvrir des moyens pour répondre plus efficacement et rester en contrôle de lui-même.

Le coach qui désire utiliser la visualisation avec ses clients doit lui-même l’utiliser, et je dirais même à travers tous les modèles d’intervention. Il est important de réaliser l’impact qu’a toute forme d’intervention sur un autre être humain et le meilleur moyen est par l’expérience personnelle ! Pour moi ceci fait partie du domaine de l’éthique. Lire un article ou un livre sur la visualisation et l’appliquer le lendemain à un client met cette personne à risque d’être encore plus mêlée et peut-être de perdre confiance en vous.


Lyne Talbot
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