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Périodique de la FICQ
Vol.2, No 9 - Avril 2007

manchettes

Coach Québec

le coaching a-t-il un avenir au Québec ?
par Jean-Pierre FORTIN

Nouveau parmi les métiers d’accompagnement, le marché du coaching est-il en route vers son rythme de croisière ? Y a-t-il un avenir prometteur pour les coachs ? Peut-on gagner sa vie honorablement en coaching ?

Des indicateurs portent à penser que le coaching se porte plutôt bien, même s’il y a encore des développements souhaités par la communauté des coachs :

  1. Plusieurs cabinets ont ajouté le coaching au menu des services qu’ils offrent à leur clientèle.
  2. La communauté des coachs au Québec est estimée à près de des 600 praticiens. Officiellement, plus de 215 d’entre eux font partie de la FICQ. À elles seules, les écoles de coaching au Québec ont reçu près de 500 participants depuis 2001.
  3. On gagne mieux sa vie en coaching maintenant. Un coach à temps plein au Canada gagne en moyenne près de 75 000 $ selon le dernier sondage d’ICF.
  4. Près de 60 % des coachs ont plus que 6 clients simultanés.
  5. La demande pour les services de coaching se fait plus soutenue notamment par les entreprises.
  6. Les demandeurs de services magasinent davantage lorsque vient le temps de choisir un coach. D’où l’importance de se faire connaître.
  7. Certains programmes gouvernementaux soutiennent financièrement des demandeurs de services de coaching (jeunes entrepreneurs, relève familiale, transition de carrière).

Si le coaching est pour tout le monde, tout le monde n’est pas forcément prêt pour le coaching. Il reste encore beaucoup de travail d’informations à faire pour que le coaching soit mieux connu au Québec. Déjà la FICQ a contribué de façon significative à le faire connaître. En 2007, des efforts encore plus grands seront déployés pour sensibiliser les décideurs et le public en général a cette nouvelle profession d’accompagnement.

L’évolution vers la professionnalisation se fait lentement mais sûrement. La masse critique pour s’adresser au législateur afin d’obtenir un statut professionnel conforme à la Loi sur les professions devrait être atteinte dans les prochaines années. Déjà, le fait que l’International Coach Federation attribue des reconnaissances professionnelles confère encore plus de sérieux au statut de coach. Il y a maintenant des demandeurs de services qui s’informent du statut professionnel du coach. La distinction entre les coachs professionnels et les « coachs auto-proclamés » ou les « apprentis-sorciers » se fait de mieux en mieux par le public.

Le marché québécois demeure encore un marché en émergence. Il n’a pas atteint sa maturité. De nombreux domaines d’activités sont encore inexploités si l’on compare avec le marché américain. Il semble bien qu’au Québec, nous sommes encore trop dispersés dans notre offre de service. En d’autres termes, les coachs professionnels auraient intérêt à se faire connaître par leur spécialisation dans une niche ou un créneau particulier dans lequel ils excellent.

Tout comme ailleurs en Amérique et en Europe, notre communauté des coachs est composée de femmes à plus de 65 %. Il semble y avoir une nette propension de la majorité à s’orienter vers le coaching de vie (life coaching). Ce qui laisse d’intéressantes possibilités pour ceux et celles qui veulent s’orienter vers le coaching d’affaires (business coaching). Le vide est occupé actuellement par des personnes agissant autrement comme consultants et qui ont flairé la bonne affaire. Évidemment le niveau de rémunération est largement plus élevé du côté du coaching d’affaires.

Pour le coaching de vie, le taux horaire semble osciller entre 50 et 125 $. En coaching d’affaires, c’est plutôt entre 150 et 350 $. L’influence des tarifs de consultant a exercé une très forte pression sur le marché du coaching. Cela en rendu la tâche difficile aux nouveaux coachs qui ont éprouvé de l’inconfort à demander des tarifs élevés alors qu’ils amorçaient leur pratique de coaching en concurrence avec des consultants souvent bien connus qui commandaient déjà des tarifs élevés. Toutefois, il y a un réalignement progressif qui se réalise parce que de nombreux consultants ont entrepris une formation en coaching et semblent mieux disposer à acquérir une reconnaissance professionnelle.

Il apparaît que le coaching à l’interne gagne en popularité. Jusqu’à tout récemment, 95 % des participants aux formations en coaching étaient des personnes dont les intentions étaient de démarrer leur pratique privée. Au cours des deux dernières années, le nombre de personnes dont la formation est financée en tout ou en partie par l’employeur a augmenté à près de 20 %. Ceci laisse donc entrevoir une ouverture de plus en plus grande pour les entreprises à se doter de leurs propres coachs à l’interne.

Le coaching est une profession jeune. Les travaux de recherche livrés dans les symposiums de recherche sur le coaching permettent d’entrevoir des assises scientifiques de plus en plus solides. Les experts s’entendent pour dire que le coaching se définit de mieux en mieux comme une profession distincte parmi les professions d’accompagnement. Nul doute qu’il y a encore du travail à accomplir. Bâtir une nouvelle profession prend du temps, de la détermination et surtout la conviction que l’évolution d’une société entraîne avec elle l’émergence de professions mieux adaptées aux réalités contemporaines.


Jean-Pierre Fortin

Jean-Pierre Fortin , coach professionnel
MCC, CEC, CRHA, CA
Coaching de gestion inc.
www.coaching.qc.ca

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