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Périodique de la FICQ
Vol.2, No 1 - Août 2006

manchettes

Coach Québec

coaching et pnl, le point de vue personnel d’une praticienne
par Lise MARCOTTE


Lorsqu’on m’a demandé d’écrire cet article sur le lien entre le coaching et la PNL pour l’infolettre de la FICQ, j’ai considéré cette activité comme une occasion d’articuler et d’exprimer ma pensée. Cet article se veut avant tout un commentaire personnel. Si cette réflexion vous amène à vouloir converser davantage, je vous invite à ouvrir l’échange en m’expédiant un courriel.

De façon générale, je crois que le lien entre le coaching et la PNL passe par la façon d’exercer le rôle de coach ou de praticien en PNL et par le respect de certains principes liés au domaine du développement des personnes. J’ai donc choisi de répondre à ces quatre questions : Quel est le rôle d’un coach et quelle influence essaie-t-il d’exercer ? Quel est le rôle d’un praticien en PNL1 (Programmation neurolinguistique) et quelle influence essaie-t-il d’exercer ? Quels principes directeurs de la PNL (en PNL on parle des présuppositions) peuvent avoir un lien avec l’approche de coaching décrite ? Quelle relation peut-on faire entre la PNL et le coaching ?

Quel est le rôle d’un coach et quelle influence essaie-t-il d’exercer ?

La littérature est abondante sur le sujet et peu importe le cursus des cours présentés en ressources humaines ou différentes écoles de coaching, les auteurs s’entendent autour d’une définition générale de ce rôle d’aidant. Pour ma part, je choisis la définition de Yves St-Arnaud2 : « Au cours d’une intervention de changement en relations humaines, un individu peut exercer plusieurs rôles : analyste, coach, médiateur, formateur, superviseur, conseiller, mentor, etc. (…) Lorsqu’il s’agit de s’attarder au rôle de coach en relations humaines, la position de l’intervenant est celle d’un accompagnateur ou d’un guide dans une démarche de changement ».

Dans cette définition du coaching, certaines valeurs guident l’action. Le coach saisit la réalité du coaché dans son cadre de référence et non en essayant de raccrocher le coaché à son propre modèle du monde et il croit fermement que le coaché dispose des ressources et des compétences requises pour trouver ses propres solutions.

Quel est le rôle d’un praticien en PNL et quelle influence essaie-t-il d’exercer ?

Un praticien en PNL vise à aider une personne à apprendre à penser et à communiquer plus efficacement avec les autres et avec soi. La définition qui me paraît la plus simple est la suivante : « C’est un modèle d’intervention qui permet l’étude de notre expérience subjective afin de produire un changement ».

Quels principes directeurs de la PNL (en PNL, on parle des présuppositions) peuvent avoir un lien avec l’approche de coaching décrite ci-dessus ?

Les principes les plus influents développés par les fondateurs3 sont les suivants :

  • La carte n’est pas le territoire.
  • Chacun répond en fonction de sa carte du monde.
  • Nous possédons tous les ressources nécessaires pour obtenir les résultats
  • escomptés.
  • Le succès de la relation dépend de la façon dont le message est reçu par
  • l’interlocuteur.
  • L’échec n’existe pas, ce n’est qu’un feedback.
  • Si votre façon de procéder ne fonctionne pas, essayez autre chose.
  • Il est impossible de ne pas communiquer.
  • Tout comportement a une intention positive.
  • Les gens sont bien plus que leurs comportements.
  • L’esprit et le corps sont liés et influent l’un sur l’autre.
  • Le chemin de l’excellence : imiter une performance réussie.

Quelle relation peut-on faire entre la PNL et le coaching ?

À partir de la définition de Yves St-Arnaud, à laquelle j’adhère, on peut voir qu’il y a, à tout le moins, trois grandes similitudes au niveau de l’approche de coach et celle de la pratique de la PNL.

Premièrement, dans la relation avec leur client, les deux intervenants s’intéressent ou choisissent l’approche phénoménologique4, c’est-à-dire qu’ils respectent le propre cadre de référence de leur client. Lorsqu’on adopte cette approche, on se met en position d’observateur, on désire faire parler la personne pour voir comment elle vit ses propres phénomènes, comment elle les décode, les recadre ou les conçoit.

Deuxièmement, le coach comme le praticien en PNL sont peu centrés sur le passé et les problèmes émergeant par exemple de l’enfance du coaché. Ils préfèrent se centrer sur les résultats obtenus et les effets des actions du coaché, pour ensuite amener leur client à se centrer sur les possibilités qui s’offrent à lui et aller de l’avant.

Troisièmement, pour satisfaire la vision du changement désiré par le coaché, le praticien en PNL et le coach suivent un même fil directeur, celui de travailler avec « les forces » d’une personne.



Lise MARCOTTE, coach professionnelle et membre de l'ICF - Consultante en développement organisationnel
[ 1 ] L’IFPNL (L’Institut français de PNL) explique les mots programmation, neuro et linguistique de cette façon : Programmation car en apprenant nous fabriquons des programmes c'est-à-dire des apprentissages automatisés; neuro car ses apprentissages s’effectuent grâce à notre système nerveux; linguistique car le langage joue un rôle déterminant dans le processus.

[ 2 ] St-Arnaud Yves, Le changement assisté : Compétences pour intervenir en relations humaines Gaëtan Morin, 1999, 224 p.

[ 3 ] L’étude de la PNL a débuté dans les années 1970 dans le cadre des études de psychologie de John Grinder, linguiste, et de Richard Bandler informaticien, mathématicien et spécialiste en intelligence artificielle. Pour formuler les pratiques de la PNL John Grinder et Richard Bandler se sont principalement inspirés des travaux detrois thérapeutes : Milton Erikson (fondateur de l’hypnose eriksonnienne); Fritz Perls (fondateur de la gestalt thérapie) et de Virginia Satir (fondatrice de la thérapie familiale). La PNL fait partie des nouvelles approches de la psychologie du quotidien.

[ 4 ] Les principaux meneurs de l’école de la psychologie humaniste furent Abraham Maslow (1908-1970) et Carl Rogers (1902-1987). Au Québec, depuis les années 1970, Yves St-Arnaud et l’école de psychologie de l’Université de Sherbrooke ont conduit des recherches et élaboré des méthodes d’intervention qui sont directement inspirées de l’approche phénoménologique.

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